LES APPROCHES : au-delà de L’EMDR, L’HTSMA

RENOUER AVEC LA VIE, APRÈS UN DRAME DE L’EXISTENCE

Initialement, l’EMDR (Eye Movement Desensitization and Reprocessing soit en français : désensibilisation et retraitement par les mouvements oculaires) était destiné à traiter le syndrome de stress post-traumatique. Celui-ci a beaucoup de symptômes en commun avec la dépression. Il s’agit d’une sorte de cicatrice qui s’est formée dans le cerveau au cours d’un événement traumatique passé, et qui continue de se manifester dans le présent, sous forme de cauchemars, de flash-back, de pensées, d’émotions et de réactions inadaptées…

Une des théories pour expliquer l’efficacité de l’EMDR, est de dire que cette technique engage probablement le même mécanisme de digestion que celui qui se produit spontanément pendant les rêves. Quand vous rêvez, vous bougez vos yeux rapidement, de droite à gauche, derrière vos paupières closes. Cette phase s’appelle le sommeil des mouvements oculaires rapides, découvert par Jouvet, dans les années cinquante. Pendant ces mouvements oculaires rapides, le cerveau digère l’information de ce qui s’est passé durant la journée ou les journées précédentes. Ainsi, la nuit, le cerveau crée des connexions entre les événements de la journée et ceux du passé, une façon d’archiver et de relativiser ce qui vient de vous arriver. Mais en cas de traumatisme, ces connexions ne se font plus. L’EMDR, mis au point par Francine SHAPIRO, docteur en psychologie américaine, insisterait donc sur ce travail d’archivage non abouti.

AU-DELÀ DE L’EMDR, L’HTSMA

L’HTSMA, (Hypnose, Thérapie Stratégique et Mouvements Alternatifs) technique développée par le Dr Eric BARDOT, combine les trois approches que sont l’hypnose, la thérapie stratégique et les mouvements alternatifs de l’EMDR.

Les indications s’étendent aux troubles anxieux et dépressifs, aux phobies…

> En savoir plus sur le syndrome post-traumatique

Le souvenir de l’événement traumatique serait comme prisonnier dans l’amygdale, qui considère que le danger est toujours présent. Le cerveau émotionnel ne communiquerait plus avec le cortex préfrontal, car celui-ci est éteint. Pourtant, c’est lui qui pourrait dire que le drame est passé. L’aire de Broca -la zone responsable du langage- n’est plus active non plus. Les victimes d’un stress post-traumatique ont donc du mal à trouver les mots pour décrire ce qu’elles ont vécu. Quant au cortex visuel, il est suractivité, comme si vous regardiez sans cesse le souvenir du drame, comme si le souvenir était aussi précis qu’une photo. L’événement traumatique peut amener un tel chaos dans votre cerveau émotionnel, que celui-ci ne peut plus remplir plus sa fonction première : celle d’être en lien avec les autres.

Pendant une séance d’EMDR ou d’HTSMA, les mouvements oculaires facilitent la formation de nouvelles connexions entre les souvenirs du traumatisme. Un réseau se forme, chaque souvenir paraissant se relier à un autre, puis à un autre, puis encore à un autre. Et les souvenirs traumatiques, presque pris de vitesse, semblent alors remonter d’une connexion à une autre jusqu’au cortex préfrontal. Là, ils se connectent instantanément à votre connaissance de la vie et à votre expérience. Cette activité fait alors que le cortex se rallume, les souvenirs traumatiques basculent dans l’univers de la raison et sont alors archivés dans le passé. L’amygdale s’éteint, le traumatisme est digéré.